Laura et Gaëtan, faire revivre la vie de village autour du Crababar

On voulait rouvrir un bar. Finalement, on a découvert une communauté

Installés à Vallons-de-l’Erdre (Freigné), Laura et Gaëtan ont changé de vie pour reprendre un lieu qui leur tenait à cœur : le Crababar. Un ancien bar fermé depuis près de deux ans, devenu au fil des mois bien plus qu’un commerce : un lieu de rencontres, de services et de vie pour tout un village

Une histoire qui commence avec Marie

Je (Laura) suis arrivée à Freigné en 2021. J’avais acheté une maison à côté et, forcément, pour rencontrer du monde, je suis venue au bar. C’est là que j’ai fait connaissance avec Marie, l’ancienne tenancière. Des liens se sont créés avec elle et avec les habitants. Puis Gaëtan et moi nous sommes mis ensemble. On passait régulièrement devant le bar, fermé depuis longtemps, et on se disait que c’était dommage. Ça manquait au village. Marie a beaucoup compté dans notre décision. Il y avait une vraie affection entre nous. Elle nous a transmis quelque chose de ce lieu et de son histoire. Alors, quand l’idée de reprendre le bar est revenue, on s’est décidés presque immédiatement. En trois jours, on avait dit oui. Les démarches ont été beaucoup plus longues ! Mais en juin 2025, le Crababar a rouvert ses portes.

Un bar où l’on vient pour rester

On voulait retrouver l’esprit d’un bar de village, avec quelque chose de familial. Ici, quand quelqu’un arrive seul, on ne le laisse pas dans son coin. On l’intègre à la conversation, on rigole avec lui. Les gens se disent bonjour, même quand ils ne se connaissent pas. Ça paraît tout simple, mais c’est ce qui fait l’ambiance. Les habitués viennent le matin, à midi, après le travail. Le vendredi soir, les jeunes du foot ont leur rendez-vous. Certains viennent acheter un briquet ou des feuilles et restent finalement toute la journée parce qu’ils retrouvent des copains ! D’autres étaient simplement de passage et sont revenus quelques jours plus tard… puis tous les jours. On essaie aussi de faire du Crababar un lieu utile pour tous : tabac, compte Nickel, boissons à emporter, dépôt de pain, planches apéritives, huîtres le dimanche, billard, fléchettes… et bientôt un flipper et des jeux de société. Un client nous a même proposé un cocktail : on l’a testé, il est désormais à la carte. Les habitants participent à la vie du lieu, et leurs idées nous font avancer.

Une communauté qui nous le rend bien

Ce qui nous touche le plus, c’est la solidarité qui s’est créée. Les gens nous prêtent du matériel, des meubles, des matelas. Un voisin nous aide pour le bâtiment ; en échange, on trouve notre manière de lui rendre service. Un menuisier nous a même fabriqué des planches apéritives. Ce sont de petits gestes, mais ils racontent quelque chose de très fort : ici, on fonctionne beaucoup sur la confiance et les échanges. Pour notre premier anniversaire, nous avons voulu le fêter avec cette communauté qui nous accompagne depuis l’ouverture. Punch maison, pizzas, petits fours, jeux… L’idée était simplement de réunir tout le monde et de célébrer cette première année ensemble. Parce que le Crababar, aujourd’hui, ce n’est plus seulement notre projet. C’est devenu un peu celui du village. Et demain, on veut continuer dans cette direction : développer les jeux, aménager progressivement les espaces, proposer de nouvelles animations, tout en gardant ce qui fait notre identité. Nous voulons être encore là dans dix ans. Alors on apprend aussi à poser des limites. Fermer à l’heure, prendre notre jour de repos, profiter de nos animaux et de notre maison. Pour nous, entreprendre est un marathon, pas un sprint.

Notre addition heureuse en Pays d’Ancenis

Notre addition heureuse, ce sont avant tout les gens. Les rencontres, les échanges, la solidarité et cette proximité qu’on n’avait pas forcément connue avant. C’est aussi le fait de pouvoir travailler avec des producteurs et commerçants du secteur : la charcuterie et les fromages viennent d’une boucherie voisine, le pain de Riaillé, les saucissons sont fabriqués en Loire-Atlantique. On essaie, autant que possible, de faire travailler le local.

Et puis il y a ce sentiment d’avoir redonné quelque chose au village. Quand on voit des gens qui étaient devenus amis avec Marie continuer à venir, quand deux personnes qui ne s’entendaient pas finissent par discuter autour d’un verre, quand quelqu’un passe simplement pour dire bonjour… on se dit qu’on a réussi quelque chose.

On voulait devenir nos propres patrons. Finalement, on a surtout découvert une communauté. Et aujourd’hui, notre plus belle réussite, c’est peut-être ça : avoir rouvert une porte et voir la vie reprendre derrière.

À Vallons-de-l’Erdre (Freigné), Laura et Gaëtan ont fait bien plus que rouvrir un bar. Dans la continuité de Marie, ils ont contribué à recréer un lieu de proximité où les générations se rencontrent, où les services se rendent et où la convivialité retrouve sa place. Une aventure entrepreneuriale, mais surtout une aventure humaine, profondément ancrée dans le Pays d’Ancenis.